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Paris Match – Octobre 2016

Les obstacles à contourner pour bien renégocier son crédit

La poursuite de la baisse des taux suscite des envies de renégocier son prêt. Quitte à changer de banque
une nouvelle fois en peu de temps. Mais tous n’ont pas intérêt à se lancer, et des blocages subsistent.

Les emprunteurs ne sont pas passés à côté de la chute des taux d’intérêt, loin de là. Renégociation ou rachat de credit, ils ont été nombreux à passer à l’action depuis 2012 et reviennent vers les banques et les courtiers avec l’idée de profiter du dernier recul des taux. L’intermédiaire Union de crédit immobilier (UCI) explique ainsi que les renégociations représentent deux tiers des sollicitations reçues depuis le début de l’été. « Mais il y a moins de demandes pertinentes qu’en début d’année », avertit son directeur général Jean-Pierre Pires. « Nous avons proportionnellement transmis moins de dossiers aux banques. »

Ce n’est en effet pas systématiquement adapté à toutes les situations. Il faut agir dans les premières années du prêt,
quand la part des intérêts dans les mensualités reste conséquente Mais ce n’est pas tout : « Si vous comptez revendre
votre maison dans les deux ans à venir, il ne faut pas se lancer dans une renégociation à moins de bénéficier de la possibilité de transférer son prêt« , prévient le président fondateur du courtier Immoprêt Ulrich Maurel. « Les
emprunteurs ne comprennent pas toujours qu’il ne s’agit pas uniquement d’une affaire de taux« , confirme Jean-Pierre
Pires. Les frais de dossier et de garantie après un changement de banque doivent être amortis pour réussir l’opération. Et les emprunteurs doivent se montrer d’autant plus patients pour les deuxièmes, voire troisièmes renégociations puisqu’elles génèrent des économies moins substantielles.

Autre obstacle potentiel à un rachat de crédit, l’assurance du prêt : « Elle représente une énorme contrainte pour
ceux qui ont passé un âge phare et vont devoir payer plus cher. Nous avons aussi vu des clients dont le gain a été grevé par l’assurance à cause d’un souci de santé, à tel point que certains ont dû renoncer« , détaille la directrice des études du courtier Empruntis, Cecile Roquelaure. En dépit de ces freins, renégocier peut être un pari gagnant. Pour vous en assurer, faites des simulations avant d’aller les présenter à votre conseiller. « II s’agit d’avoir une base de négociation« , explique Cécile Roquelaure. Elle suggère de s’adresser d’abord à sa banque - « sauf si vous n’en êtes pas satisfait » -, afin de limiter les frais et les démarches administratives. Si votre établissement ne cède pas, la seule solution consiste à faire racheter son prêt par la concurrence, et donc a changer de banque.

 

Paris Match
20/26 octobre 2016

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