L’AGEFI Hebdo – Février 2015

L’homme clé :
Jean-Pierre Pires, directeur général de l’Union de Crédit Immobilier.

Jean-Pierre PIRESSa société tête de réseau, l’Union de Courtage en Crédit Immobilier, est née en juin dernier. Et déjà ce nouvel entrant peut revendiquer 35 courtiers opérationnels.
« Fin  2013, BNP Paribas Personal Finance (BNPPF) a décidé d’arrêter l’activité de son réseau d’agents non-salariés qui commercialisaient ses crédits immobiliers (l’ex-UCB), rappelle Jean-Pierre Pires, directeur général de l’Union de Crédit Immobilier. Cinq agents, rejoints par Frédéric Wattebled, président de l’enseigne spécialisée dans la restructuration de crédits Vegalis Finances, ont conçu avec le cabinet XPand Partners le projet d’un nouveau réseau de courtage. Ils l’ont présente il y a un an à 40 agents BNPPF qui n’avaient pas encore pris de décision sur leur avenir ; 30 d’entre eux ont été séduits. »

D’autres pourraient s’y associer. « Notre objectif est de disposer de 100 points de vente dans quatre ans, avec une dizaine d’ouvertures cette année, dont quatre sont en cours », précise Jean-Pierre Pires. Ces professionnels sont ainsi regroupés dans « une concession de marque, plus adaptée qu’une franchise, dont le capital à vocation à être détenu par les membres du réseau à hauteur de 30 % », révèle cet ancien directeur des partenariats bancaires et membre du comité exécutif de Cafpi — le numéro un des courtiers en crédits immobiliers.

L’Union de Crédit Immobilier doit maintenant essaimer dans les villes de plus de 100.000 habitants et dans les régions Ouest, Sud-Ouest et Rhône-Alpes. Chaque concessionnaire, indépendant juridiquement et financièrement, doit bénéficier d’une exclusivité d’implantation. Mais tous ont accès à un back-office commun, une centrale d’achats, une plate-forme collaborative et un site internet (www.uci-france.fr) qui valorise l’enseigne et renvoie les clients potentiels vers l’agence la plus proche.

L’Union de Courtage en Crédit Immobilier estime qu’un point de vente, avec un chiffre d’affaires moyen de 250.000 euros peut offrir un retour sur investissement (dont droit d’entrée, redevance, participation au budget de communication, informatique, formation) sous 18 à 24 mois.

 

Une profession réglementée

La nouvelle enseigne de courtage vise une production équivalente à celle que réalisait BNPPF avec son réseau : 400 millions d’euros, indique Jean-Pierre Pires. « II y a une place à prendre sur le marché, certifie-t-il. Les banques sont en train de restructurer leurs contrats avec les courtiers pour en limiter le nombre et disposer d’interlocuteurs plus professionnels. Les membres de l’Union de Crédit Immobilier sont bien armés : tous ont un statut d’IOSB (intermédiaires en opérations de banque et services de paiement) de niveau I ou seront formés. »

Le fait est que, depuis la création de Cafpi en 1971, une multitude de courtiers en crédits s’est lancée, et quelques réseaux sont déjà bien structurés. Mais leur part de marché dans la commercialisation des nouveaux crédits immobiliers aux particuliers plafonne à 25%. Une consolidation paraît donc inéluctable. La directive européenne MCD (Mortgage Credit Directive), adoptée le 4 février 2014 pour être transposée par les Etats membres avant mars 2016, pourrait y contribuer. Même si, en France, la profession de courtier est déjà réglementée et supervisée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.

 

L’AGEFI Hebdo
Février 2015